Poeme

J'ai cherché



J'ai cherché, puis attendu
Et j'attendrai encore
Même si parfois je me suis perdu
Bercé par l'ironie d'un remord

Je ne regrette rien
Et j'aimerai encore
Prendre une princesse par la main
Sans lui jeter de sors

Douce mélodie d'un amour inconnu
Je me battrai encore
Car je ne m'avouerai jamais vaincu
Les étoiles dans vos yeux me rendront plus fort

J'arpenterai tous les chemins
Trébucherai encore
Me relevant chaque matin
En y croyant jusqu'à ma mort...
# Posté le mardi 29 juillet 2008 13:03

Poeme

J'hésite


Sentir la douceur de tes lèvres sur les miennes
Laisser le parfum de l'innocence se glisser dans mes veines
Pourquoi fuir un instant qui s'offre comme une éternité
Pourquoi choisir de dire non à une éventualité
Pourquoi, pourquoi, et pourquoi pas finalement
A tout vouloir contrôler on s'entête et on se ment
Comme jurer de ne pas laisser prise à ses faiblesses
Ne pas se laisser aller à la plus sincère des caresses
La vie nous a tellement enlevé ce qu'elle semblait nous offrir
Nous a si souvent amadoué pour finalement nous donner le pire
Ah quoi bon se tourner vers où l'on peut si vite perdre pied
Quand on sait que la souffrance et la peur sont si vite arrivées...

Et maintenant...
Maintenant on se méfie
Préférant s'éloigner plutôt que de relever le défi
Et pourtant...
Pourtant la magie nous saisie
enveloppant nos rêves d'une douceur infinie

Je croyais la clé de mon coeur égarée
Les portes de mon paradis à jamais refermées
Et me voilà surpris, comme touché en plein vol
Mon âme à la dérive je m'éloigne du sol
Est-ce pour tomber de plus haut comme j'en ai l'habitude
Ou vivre une histoire à deux, défiant les altitudes...
Nous ne devrions jamais perdre de temps et pourtant nous doutons
En dansant sur les braises d'un passé où se consument nos émotions
Il n'existe pourtant pas deux histoires qui se ressembles
Nous sommes tous différents, et devant toi je tremble
Frissons de peur d'avoir trouver l'ange qui berce tous mes rêves
Et de ne pas vouloir que la magie de chaque instant avec toi s'achève...

Et maintenant...
Maintenant j'hésite
Garder mes sentiments ou les laisser prendre la fuite
Car je me demande...
Est-ce moi qui rêve et me fais des idées
Ou ressens-tu la même chose, mais ne veux l'accepter...



# Posté le mercredi 23 juillet 2008 10:30

Poème

Notre poète



Les airs que je chante font pleurer ma tête,
Les musiques que je joue font saigner mon être...
Il est beau notre poète au c½ur tendre
Dans son voile de larmes en cendres,
Il est beau l'homme qui pleure sa vie
Aussi beau que ces gouttes de pluie
Dans son manteau de rose fanées
Dans ses vêtements, par sa vie, déchirés

Ou est-ce plutôt lui, à l'origine de ses maux
Pauvre aveugle, ivre dans la tristesse de ses mots

Ah qu'il est beau notre poète écorché
Ce philosophe crachant sur la beauté,
Les pensées toujours noires de regrets
L'âme en peine pour une éternité,
Il danse autour des feus où ses rêves se consument
Ce n'est que pour pleurer qu'il s'empare de sa plume
Et ses mains guidées par ses plus anciens remords
Il raconte, notre poète, son flirt avec la mort

Ou est-ce plutôt lui, à l'origine de ses maux
Pauvre aveugle, ivre dans la tristesse de ses mots

Cette nuit, il va rejoindre les étoiles
Parcourir le ciel, s'étendre sur la toile.
Il a un sourire aux lèvres, notre poète
En quittant enfin, sa vie déjà éteinte
Mais il a tant attendu ce moment
A force de penser, perdu dans ses tourments.
Il part les yeux humides, et le c½ur en fête
Ah qu'il était beau, vivant, notre poète...
# Posté le vendredi 13 juin 2008 05:01

Il était une fois...

Elle, lui, eux... (10)


23h15

Ne pas craquer.
Surtout, ne pas craquer.
Faire le vide, un vide un peu plus rempli que le vide qui sévit dans son ventre.
C'est maintenant, maintenant où jamais qu'il allait falloir appliquer tout ce que la vie lui avait enseignée. Plus besoin de lire des livres, plus le temps de sourire à toutes ces prises de conscience qui naquirent les soirs de remise en question, plus le temps, non, le temps de la somnolence était révolu, hélas par obligation. Enfin, hélas, non, c'est trop souvent par obligation que l'on doit se recentrer. Est-ce normal?
Combien de fois reculons-nous devant la mise en application de tout ce qui nous semble tellement juste lorsque nous essayons de conseiller quelqu'un, en étant objectif sur la situation que cette personne vit. C'est tellement facile de parler lorsque nous somme juste spectateur de quelque chose, et tellement difficile d'appliquer nos "beaux conseils" lorsque nous nous retrouvons acteurs. La différence entre conseiller et devoir agir? Les sentiments qui animent notre coeur et agitent nos sens. Une leçon à tirer? Ne conseillons jamais mais donnons notre avis, il sera plus important et mieux compris.
Que faire?
Vite.
Il doit réfléchir et agir.
Vite.
Ses parents sont toujours là, à quelques mètres. Il n'a pas osé aller les voir. Il sait bien que ce n'est pas le moment.
Il fait le point. Des images incessantes refont surface à chaque seconde. Il la revoit disparaître sous le rideau de pluie, il imagine l'accident, l'imagine dans sa chambre au milieu des tuyaux de perfusions et des fils, faucheuse tentaculaire la tenant en vie.
Vu l'heure il ferait mieux de partir avant de se faire rappeler à l'ordre par une infirmière de garde.
Il regarde une dernière fois le fond du couloir, la porte, dernier obstacle à l'élue de son coeur, baisse les yeux, se retient puis prend la direction opposée.
_ Monsieur?
Une main s'est posée sur son épaule. Sursaut. Julien se retourne brusquement, son coeur accélère sans savoir pourquoi.
_ Excusez-moi, je ne voulais pas vous faire peur.
Le couloir est légèrement obscurci par la déficience de quelques vieux néons capricieux mais il reconnait le docteur qui avait parlé aux parents de Jane tout à l'heure.
_ Cela fait près de dix minutes que je vous observe et j'arrivais pas à partir. J'ai remarqué le tatouage qui remonte dans votre nuque. Cela signifie "C'est écrit" n'est-ce pas?

C'était une soirée d'hivers. Le froid caressait son visage. La pluie l'enveloppait. Tout autour de lui paraissait sombre, inanimé. Les rues s'étaient vidées pour laisser la place aux petites lumières allumées dans chaque foyers alentours. Les rares personnes encore dehors semblaient atteints d'hyperactivité, leurs gestes s'amplifiant au rythme des averses. C'était un jour comme les autres, pour les autres, mais pas pour lui.
Il venait d'enterrer son grand-père, son exemple, sa fierté, sa tendresse, sa force. Orphelin. Seul ce mot raisonnait dans sa tête. Mais les traits tristes de son visage lors de l'enterrement avait laissé leur place à un doux sourire attendri.
La lettre.
Cette lettre que son grand-père lui avait donné quelques mois plus tôt et qu'il lui avait promis de lire le jour où il aurait rejoint la terre. Ces mots. Un peu de lui. Un dernier regard sur l'expérience que la vie lui avait apporté.
Il avait bu ses mots en posant sa voix sur ses dernières paroles.

"Julien,
Je te demande ne ne pas être triste.
Je te demande de lever ton regards vers les étoiles, où je serais dorénavant, et de croire en toutes ces illuminations qui t'accompagneront sur le chemin de la vie.
Chacun a son temps à faire ici, et ce n'est pas pour le perdre. Non. Tu n'a pas de temps à perdre avec une mélancolie ou des regrets. Tu dois avancer. tu dois croire en toi, en moi, et te dire que chaque chose qui arrive dans cette vie est une bonne chose, même si c'est parfois difficile. tu dois apprendre. apprendre de la vie. apprendre à être plus sage. Apprendre pour comprendre et être toi. Cherche toi. Trouve toi. Et tu verras alors que chaque chose en ce monde est une chose merveilleuse qui t'est offerte pour ton bien. Pour que tu puisse évoluer et apporter ton maximum aux personnes qui t'entourent. Tu le sais Julien, tu dois être fort pour toi, pour que tu puisses donner le meilleur de toi même à chaque fois.
N'oublies pas, l'être humain se sent moins seul lorsqu'il commence à se trouver alors...
Tu ne m'a pas perdu, tu m'a trouvé dans ton coeur. Tu n'es pas seul et tu ne le sera jamais, je te le promet, tu peux me faire confiance. Aujourd'hui je suis parti loin de tes yeux mais tu sais qu'il te suffit de regarder au fond de toi pour retrouver ma lumière, mais surtout ta lumière, celle qui éclairera ton chemin.
je sais que tu peux le faire, je te fais confiance, maintenant c'est à toi de ne pas me décevoir.
Un dernier mot, je sais que tu l'aimes bien.
Mektub.

Ton grand-père qui t'aime."


A l'angle de la rue une petite boutique semble encore animée. Il s'approche. Il rentre.
Ce mot... Ce dernier mot qu'il avait tant entendu et qui prenait tout son sens.
Sur sa peau.
Gravé à jamais.

_ Oui. Mektub. C'est écrit.
Il regardait le médecin avec interrogation.
_ Venez dans mon bureau, j'ai quelque chose à vous dire.
Le docteur Matthew se retourne, fait quelques pas puis bifurque à gauche.
Une seconde.
Deux secondes.
Il hésite.
Ne comprend pas mais... Veux comprendre.
Il disparaît à son tour à l'angle du couloir...
# Posté le mercredi 11 juin 2008 12:10

Il était une fois...

Elle, lui, eux (8)


Le temps...
Lui laisser le temps...
On se laisse trop souvent trop de temps...
Le temps de réfléchir, le temps de revenir, le temps de se tromper, de se poser, d'aimer, de pardonner, de changer, le temps de parfois perdre du temps tellement précieux que l'on ne se rend pas compte de toute sa valeur...

Vibration.
Il met sa main dans sa poche, essuie les dernières larmes qui dédouble sa vue et ses doigts glissent sur les touches de son téléphone.
Silence.
Son coeur accélère.
Sa mâchoire se serre, le sol semble se dérober, le tonnerre n'a jamais semblé tomber aussi près de lui, il s'assoit. Son regard se perd dans la linéarité du carrelage. Il ne sait plus. On vient de l'assommer:

"+33648661311

Elle a eu un accident
Hopital St Edouard
Dépêche toi, c'est grave
Soso."


Il claque la porte, pose son regard au loin. Il a besoin de force, besoin de se réveiller de se cauchemar, besoin de comprendre.
Un...
Deux...
Trois...
Ses jambes ont retrouvées leur vigueur, pas de temps à perdre, plus de temps, peut-être même plus jamais. Il ne veut pas y croire. Il se fait des films. Il ne sait pas. Il va savoir. Il doit savoir.
Mécanique endiablée de l'imagination. Mais qui donc a pu dire que seuls les artistes et les mythomanes pouvaient avoir une imagination débordante? Et les personnes qui ont peur alors, pourquoi on les oublie si vite?... On peut tous avoir une imagination hors du commun lorsque la peur ou la faucheuse viennent prendre quartier au coeur de nos entrailles, leur terrain de jeu favori. Et quand la peur s'en donne à coeur joie c'est tout notre être qui tremble des images qui apparaissent devant lui. Perfusion glaçant notre sang, amplification des sens mais sans dessus dessous.
Plus que quelques mètres.
Les portes s'ouvrent. Il dégouline.
Trop de panneau, il ne sait déjà pas où se trouve son âme alors la réalité...
_ "Excusez-moi madame, je cherche une jeune fille que vous avez du accueillir il y a peu de temps, elle a eu un accident de voiture, c'est urgent.
_ "Oui, oui, je vois, ses parents sont déjà là. Deuxième étage, prenez l'escalier c'est au bout du couloir à..."

Il est déjà plus là. Pas le temps. Plus de temps à perdre. Peut-être plus jamais.

"Des heures en réanimation... Sauver de justesse... Coma... On ne peut pas savoir... Beaucoup de chance... "
Il n'avait pas quitté la scène des yeux. Le cris de sa mère, le trouble maquillant la peur de son père, les hésitations du médecin. L'atmosphère pesante qui le rappelait à la réalité. le regard du médecin qui avait semblé se diriger vers lui l'espace d'un instant pour finalement bifurquer vers le bloc après avoir visionné son bipeur.

Le temps...
Lui laisser le temps...
On laisse trop souvent trop de temps...
Jusqu'au jour où...
Le temps nous dépasse et emporte avec lui les minutes qu'il avait semblé mettre devant nous...

Il attendra.
Indéfiniment cette fois.
Déjà attendre de pouvoir pousser la porte qui la sépare de lui. Attendre pour la voir, peut-être une dernière fois. Attendre pour savoir. Attendre pour pouvoir se battre pour qu'elle vive...
Qu'elle vive...
Il n'y avait plus que ça qui importait maintenant...
Finalement... Quoi de plus important que...
La vie...
Vivre est aimé. Aimer est vivre.
Il l'aime.
Elle l'aime.
Alors elle vivra.
# Posté le lundi 09 juin 2008 10:54